Abbaye de Dieleghem

Plan de Gestion Patrimoniale pour l'Abbaye de Dieleghem

Avec : Lori Mahmourian et la collaboration de l'IRPA

 

L’abbaye de Dieleghem fondée dès 1095 constitue la plus ancienne fondation monastique de la région bruxelloise. L’ancienne prélature qui se présente à nous aujourd’hui n’est plus qu’un vestige décontextualisé appartenant à un vaste complexe architectural monastique lourdement transformé en 1755 dans un style néoclassique par Laurent-Benoit Dewez, architecte de la cour de Charles de Lorraine.

Suite à la loi de 1796 ordonnant la dissolution de tous les couvents en Belgique, le domaine abbatial fut morcelé et vendu en tant que biens nationaux en 1797 par les révolutionnaires français. La carte établie par de Wautier en 1821 révèle que dans la foulée de la vente, l’église adjacente à la prélature, la salle du chapitre et les appartements des religieux furent démolis initiant la disparition de la cour abbatiale. Au cours du XIXème siècle et de la première moitié du XXème, plusieurs propriétaires privés se sont succédés.

Le docteur Alphonse Capart achète la propriété de l’ancienne abbaye en 1898 pour dans un premier temps l’utiliser comme demeure d’été avec sa famille avant de la louer à une congrégation de Jésuites portugais qui n’entretinrent pas les lieux.

En 1918, la Commission Royale des Monuments et Sites identifia le domaine de l’ancienne abbaye comme étant l’un des sites les plus intéressants du pays, mais en 1928, le domaine de l’ancienne abbaye fut lotis pour être mis en vente précipitant la démolitions de l’orangerie et du porche d’entrée.

En 1941, les procédures de classement sont initiées à l’encontre de l’avis de la Société Immobilière de Jette SA propriétaire de l’ancienne prélature et des écuries qui sont alors employées comme presbytère de secours par la paroisse Saint-Joseph.

Suite au classement, la Commune rachète l’ancienne prélature pour cause d’utilité publique en 1950 dans l’optique d’en faire un musée communal. Le bâtiment fit alors l’objet d’une lourde campagne de restauration achevée en 1968 par l’architecte Simon Brigode. Les travaux comprenaient notamment la reconstitution de l’ensemble des menuiseries extérieures, la reconstitution de l’escalier d’honneur et le remplacement des planchers de l’espace central.

Le bâtiment en 2020 demeure une propriété communale emblématique dont le potentiel ne parait pas pleinement exploité du fait que la majeure partie des espaces sont employés à des fins de stockage. Le bureau Architectures Parallèles a été désigné pour le développement d’un Plan de Gestion Patrimoniale (PGP) commandé parallèlement à un audit des activités culturelles développées sur le territoire communal. Cette opération menées en partenariat par la Commune et la Région est l’opportunité de développer un projet permettant de valoriser pleinement le potentiel de ce bâtiment exceptionnel au travers de sa requalification (usages, réorganisation de la distribution au regard de l’histoire du bien et mise au norme intégrée), tout en définissant en ayant une vision d’ensemble les travaux nécessaires à la bonne conservation de cet élément patrimonial majeur.

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